Karen période "Délires d'Hugo"
TÉ­LÉ 7 JOURS
VA
PLUS
LOIN
 
Ka­ren Ché­ryl avec son look an­nées 90, telle que la connais­sent des mil­lions de télé­spec­ta­teurs qui re­gar­dent l'émis­sion « Les Dé­li­res d'Hu­go ». Ils vont dé­cou­vrir en texte et en pho­tos celle qu'elle était au­pa­ra­vant. Quant à ceux qui l'ont sui­vie de­puis le dé­but de sa car­rière, ce­la leur rap­pel­le­ra bien des sou­ve­nirs.
 
LES FANS DES " DÉLIRES D'HUGO " NOUS DEMANDENT SOUVENT
DE LEUR RACONTER L'ITINÉRAIRE PROFESSIONNEL DE LEUR STAR
 
 
KAREN CHÉRYL
TOUT A COMMENCÉ
PAR LA CHANSON
 
 
Tout com­mence le mer­cre­di 19 juil­let 1955, dans les Yve­li­nes, à Saint-Germain-en-Laye. Une pe­tite fille, pré­nom­mée Isa­belle, voit le jour à 13 h 55. A ce moment-là, per­sonne n'ima­gine que cet ado­ra­ble bam­bin de­vien­dra un jour une chan­teuse puis une ani­ma­trice aus­si char­mante que ta­len­tueuse. Le re­gis­tre d'état ci­vil men­tionne deux au­tres pré­noms : Bar­ba­ra et Stel­la qui si­gni­fie
 
Comme pour
Dorothée, un livre
retrace la carrière
déjà bien remplie
d'Isabelle Morizet,
rebaptisée
d'abord Carène.
Elle est apparue
pour la première
fois à la télévision
en 1975.
Voici nos extraits.
dans la lan­gue de Dante : étoile. Sans doute cette étoile de la chance qui va gui­der la pe­tite fille vers un des­tin de lu­mière. Elle est le pre­mier en­fant de Jean-Pierre Mo­ri­zet et de la jeune Joan-Nicole Viale, qui n'a que dix-neuf ans et qui porte le pré­nom de la cé­lè­bre ac­trice amé­ri­caine d'avant-guerre, Joan Craw­ford, en rai­son de l'ad­mi­ra­tion qu'avait sa mère pour cette co­mé­dienne.
 
 


  VA PLUS LOIN  

PREMIER PRIX DE PERCUSSION AU
CONSERVATOIRE KENNY-CLARK
A 15 ANS ELLE JOUAIT
DÉJÀ DE LA BATTERIE

La bat­te­rie pour une femme ! Pas dans la cui­sine, dans l'or­ches­tre... Ka­ren Ché­ryl a été fas­ci­née par cet ins­tru­ment dès l'en­fance. Jean-Louis, le frère de sa mère, en jouait avec ta­lent dans des or­ches­tres de jazz et lui a très vite ap­pris à te­nir les ba­guet­tes. C'est son père qui l'ins­cri­ra au conser­va­toire mu­ni­ci­pal de Saint-Germain-en-Laye, puis à Pa­ris, au cours du cé­lè­bre bat­teur amé­ri­cain Ken­ny Clark. A 15 ans, cha­que jeu­di après-midi - le jour de re­pos sco­laire -, elle par­fait son art. Elle se­ra pre­mier prix de per­cus­sion au Con­ser­va­toire Kenny-Clark.

Carène aux baguettes
Son père lui of­fre sa pre­mière bat­te­rie qu'elle ins­talle dans sa cham­bre. Elle la gar­de­ra long­temp­s. Au­jourd'hui, elle n'en joue plus.
Karen... à ses débuts ? Euh....
Dès ses dé­buts té­lé et sur scène, tout en chan­tant, Ka­ren danse, sou­vent sur des ryth­mes dis­co.
La jolie moto de Carène Le mythique duo Claude François-Carène Chéryl !
Duo avec Claude Fran­çois lors de l'émis­sion « Mo­saï­que » pour la télé­vi­sion suisse, en no­vem­bre 1977. Il ap­pré­ciait le charme et l'hu­mour de Ka­ren que cer­tains au­ront du mal (même à mo­to) à re­connaî­tre sur ces pho­tos. C'était Ka­ren « pre­mier look » !
 
Lors­que Joan-Nicole a épou­sé Jean-Pierre Mo­ri­zet, l'un des té­moins de la cé­ré­mo­nie n'était au­tre que Dis­tel. Sa­cha est un ami de la fa­mille de Joan-Nicole.
 
Chez les Viale, la mu­si­que est une grande pas­sion. Jean-Louis, le frère de Joan-Nicole, est amou­reux de tou­tes les mé­lo­dies jaz­zy. Quant au pa­pa, c'est aus­si quel­que part un peu un ar­tiste. En ef­fet, à ses heu­res de dé­tente, il aime pein­dre, se dé­lier les doigt­s de­vant un pia­no ou même jouer de l'ac­cor­déon. Il di­rige une im­por­tante ex­ploi­ta­tion agri­cole à Ho­dent, un pe­tit vil­lage d'à peu près 70 ha­bi­tant­s dans le Val d'Oise, sur la dé­par­te­men­tale 86, près de Magny-en-Vexin, aux por­tes de la Nor­man­die.
Après avoir ap­pris la bat­te­rie (voir en­ca­dré), la belle Isa­belle monte un pe­tit groupe
 
 
avec des amis du Con­ser­va­toire.
Comme n'im­porte quel groupe ama­teur, ces jeu­nes ado­les­cent­s rê­vent de pou­voir en­re­gis­trer leur mu­si­que dans un stu­dio pro­fes­sion­nel. En ef­fet, ils ai­me­raient ré­ali­ser une cas­sette et l'en­voyer dans dif­fé­ren­tes mai­sons d'édi­tion mu­si­cale. Telle est la condi­tion
KAREN 
ELLE 
SON P
CON
A 19
sine qua non pour pou­voir es­pé­rer sor­tir un dis­que. Sa­cha Dis­tel, l'ami de la fa­mille, avait dé­jà es­sayé de pis­ton­ner la jeune Isa­belle au­près de gran­des mai­sons de dis­ques. Fi­na­le­ment, après de nom­breu­ses dé­mar­ches, ils ré­us­sis­sent à ob­te­nir une demi-heure d'en­re­gis­tre­ment au stu­dio Pa­thé, à Boulogne-Billancourt. Puis la cas­sette est en­voyée comme pré­vu, avec la plus belle pho­to
 
 
de l'inter­prète des chan­sons : Isa­belle. Ils n'ont pas trop d'il­lu­sions. Ils sa­vent très bien qu'ils ne sont pas les seuls à faire ce genre de dé­mar­ches.
C'est fi­na­le­ment Mé­mé Ibach, pro­duc­teur connu pour avoir tra­vail­lé au cô­té de Shei­la, qui re­çoit Isa­belle, ac­com­pa­gnée de sa ma­man.
Très vite, il va être sa­tis­fait
CHÉRYL
SIGNE
REMIER
TRAT
 ANS
du ré­sul­tat. D'au­tant que le tim­bre de la voix d'Isa­belle se rap­pro­chait de ce­lui de Shei­la à ce moment-là ! Mé­mé Ibach avait trou­vé celle qu'il lui fal­lait. En­suite, tout se passe très vite. Le contrat d'en­re­gis­tre­ment est pro­po­sé. Seu­le­ment Isa­belle est en­core mi­neure puis­que la ma­jo­ri­té ci­vile est alors fi­xée à 21 ans et qu'Isa­belle n'a pas en­core 19 ans. Aus­si le pro­duc­teur doit
 
 
convain­cre les pa­rent­s de la jeune fille. Il n'a pas be­soin de dé­ployer beau­coup d'ar­gu­ment­s. En ef­fet, face à l'en­thou­siasme de leur fille, ils ne peu­vent qu'ac­cep­ter. Un contrat de dix ans est fi­na­le­ment si­gné le 25 avril 1974, jour même de l'an­ni­ver­saire de Mé­mé Ibach ! Isa­belle n'en aban­donne pas pour au­tant ses étu­des. His­toire de ras­su­rer ses pa­rent­s, elle pas­se­ra et ré­us­si­ra bril­lam­ment son bac­ca­lau­réat.
 
Pour per­fec­tion­ner sa voix, Mé­mé l'ins­crit et lui paye des cours de chant chez Ma­dame Dar­cœur, l'un des meil­leurs pro­fes­seurs de la ca­pi­tale. C'est elle qui « fait tra­vail­ler » les voix de beau­coup de stars du show-biz. Ain­si Isa­belle se rend ré­gu­liè­re­ment chez cette femme, salle Pleyel, à Pa­ris. En cette an­née 1974, tan­dis que Claude Fran­çois vient de rem­por­ter un gros
 


  VA PLUS LOIN  

ET SI "HUGO DÉLIRE " REVENAIT A 20 H ?

« Les Dé­li­res d'Hu­go » a beau conti­nuer de pas­sion­ner le mer­cre­di après-midi sur France 3, ils sont nom­breux par­mi ces as­si­dus des jeux inter­ac­tifs à re­gret­ter le temp­s de « Hu­go dé­lire » à 20 h. Cet ho­raire per­met­tait de jouer avant (ou pen­dant !) le re­pas du soir en fa­mille, alors que le mer­cre­di, beau­coup de jeu­nes ont d'au­tres ac­ti­vi­tés. « La Classe » fer­mant ses por­tes, on pour­rait voir re­ve­nir Ka­ren (ici avec Ber­trand Le­feb­vre, l'ani­ma­teur de « La Piste in­fer­nale ») dans son émis­sion de 20 h à 20 h 30. Elle a dé­jà tour­né deux pi­lo­tes (émissions-test), l'une tous pu­blics, l'au­tre plus pour les en­fant­s. C'est l'un des dos­siers que va avoir à exa­mi­ner le nou­veau di­rec­teur des pro­grammes de France 3.

Une nouvelle équipe pour les championnats de "Circuit 24" ?
 
suc­cès dis­co­gra­phi­que avec « Le télé­phone pleure », com­mence l'en­re­gis­tre­ment du pre­mier 45 tours de la jeune Isa­belle, qui s'in­ti­tule « Garde-moi avec toi » : c'est une chan­son
KAREN 
ON L
TROUV
NOM 
UNE ST
SER
dont la mu­si­que a été com­po­sée par Claude Mor­gan et dont les pa­ro­les ont été écri­tes conjoin­te­ment par Mé­mé Ibach qui a dé­jà si­gné beau­coup de ti­tres pour Shei­la, John­ny Hal­ly­day, Her­vé Vil­lard, Rin­go..., et par Vline Bug­gy à qui Claude Fran­çois et Hu­gues Au­fray doi­vent de nom­breux suc­cès. En­tre­temp­s, Isa­belle Mo­ri­zet est de­ve­nue Ca­rène Ché­ryl. En ef­fet, Mé­mé trou­vant le pré­nom Isa­belle trop
 
aus­tère et le nom Mo­ri­zet trop sé­vère, a dé­ci­dé de lui faire adop­ter un pseu­do­nyme. Ain­si, alors qu'il se trou­vait aux États-Unis quel­ques mois plus tôt et qu'il se
CHÉRYL
UI A
É SON
DANS
ATION-
VICE
de­man­dait com­ment il al­lait re­bap­ti­ser Isa­belle, il s'ar­rê­ta dans une station-service dans la­quelle on ven­dait des porte-clés avec l'écri­ture de­sign, très pop, de pré­noms amé­ri­cains. Deux d'en­tre eux at­ti­rè­rent son at­ten­tion : Ka­ren et Ché­ryl, deux pré­noms très en vo­gue outre-Atlantique à ce moment-là. Mé­mé Ibach dé­ci­da alors de fran­ci­ser le pré­nom de Ka­ren qui de­vint Ca­rène (mais il re­de­vien­dra Ka­ren) et de
 
l'as­so­cier à Ché­ryl. Ain­si, c'est donc dans une sta­tion ser­vice, aux USA, que Mé­mé a eu l'idée de ce pseu­do­nyme fa­ci­le­ment mé­mo­ri­sa­ble.
Un dis­que, c'est bien, mais pour pou­voir le faire connaî­tre, il faut une émis­sion de télé­vi­sion.
En cette an­née 1975, an­née inter­na­tio­nale de la femme, tan­dis que Ber­nard Pi­vot crée son pre­mier « Apos­tro­phes » dans les stu­dios de Cognacq-Jay, de nou­veaux chan­teurs de va­rié­tés se font connaî­tre. Ce sont les dé­buts de Ni­co­las Pey­rac, Mi­chel Jo­nasz et, bien sûr, de Ca­rène Ché­ryl.
La France ca­tho­di­que dé­cou­vre le phy­si­que de cette chan­teuse dont la voix tim­brée à deux octa­ves est dé­jà dans tou­tes les oreil­les, le di­man­che 6 jan­vier 1975 (une date choi­sie par une voyante ni­çoise), dans l'émis­sion à suc­cès des di­man­ches après-midi de la pre­mière chaîne, « Les Rendez-Vous du di­man­che », en­re­gis­trée le jour pré­cé­dent, sur le pla­teau du stu­dio 12 de la SFP. Lors­que le pré­sen­ta­teur, Mi­chel Druc­ker, lui de­mande de jouer de la bat­te­rie, elle s'exé­cute très émue, en pen­sant à ses pa­rent­s qui sont là pour la sou­te­nir et à tous ceux qui lui font confiance. En­suite, tout va très vite. Dans les mois qui sui­vent, no­tre ar­tiste est in­vi­tée dans tous les grands di­ver­tis­se­ment­s télé­vi­sés du mo­ment, au cours
 
des­quels elle inter­prète, bien sûr, « Garde-moi avec toi ». Ain­si, on la re­trouve dans « Ring pa­rade », ani­mée par l'iné­nar­ra­ble Guy Lux, sur A2, en­tre 19 h 30 et 20 h. Dans cette émis­sion, qui a lieu en di­rect du stu­dio 102 de la Mai­son de la ra­dio, Ca­rène se re­trouve aux cô­tés de ve­det­tes confir­mées tel­les que Joe Das­sin, Da­li­da et bien d'au­tres. Elle ar­rive même de­vant l'inter­prète de « L'Été in­dien » avec 5000 voix de plus que lui, à la grande sur­prise de ce der­nier, mais aus­si de Guy Lux.
Cô­té ra­dio, Jean-Louis Foul­quier la re­çoit dans son émis­sion, nou­vel­le­ment créée sur France In­ter, « Stu­dio de nuit ». Sur le cosy-corner de l'ani­ma­teur, en di­rect de la Mai­son de la ra­dio, no­tre ar­tiste s'ex­prime sur la for­mi­da­ble aven­ture qu'elle est en train de vi­vre ! Et qui, après un dé­tour par le théâ­tre et le ci­né­ma, conti­nue à la télé­vi­sion, mais Ka­ren n'a rien contre un re­tour à la chan­son. Si Hu­go et ses dé­li­res lui en lais­sent le temp­s.
 
© Édi­tions Ima­ges
 
PHOTOS ET DISCOGRAPHIE
« Si... », dont nous pu­blions des ex­traits, est un li­vre qui n'a pas la pré­ten­tion de ré­vo­lu­tion­ner le monde de la bio­graphie. Il per­met, en plus de cent pa­ges, de com­pren­dre com­ment on de­vient une ve­dette de la chan­son, puis de la télé­vi­sion, sans re­la­tions, sans pis­ton (comme Do­ro­thée, ra­contée dans ces mê­mes pa­ges la se­maine der­nière), sim­ple­ment parce qu'on est doué pour ce­la et que la chance s'en mêle. Fa­bien Le­cœu­vre et Lau­rent Abrial, comme pour leur li­vre « Shei­la », pa­ru chez Jean-Pierre Tail­lan­dier, ac­com­pa­gnent leur ré­cit de pho­tos en cou­leurs et en noir et blanc ain­si que d'une dis­co­graphie. « Si... » est pu­blié par les édi­tions Ima­ges (40-50, ave­nue d'Eng­hien, 93806 Épinay-sur-Seine).